DANS L’OMBRE DES JEUNES FILLES EN FLEURS

Publié le 4 Juillet 2012

Sous l’impulsion de quatre jeunes athlètes placées dans le Top 15 national et poussée par une relève qui laisse présager un avenir radieux, la perche féminine vosgienne est actuellement sur un petit nuage.

 

Si le saut à la perche est en plein boum du côté des jeunes Vosgiennes, c’est plus compliqué du côté des seniores et des masculins. En effet, ceux-ci peinent à rivaliser avec les prouesses de la jeune garde départementale féminine. Et bien que les entraîneurs vosgiens tentent d’expliquer ce phénomène, les raisons restent plus ou moins floues… Tout du moins pour le cas des garçons !

« On est dans les Vosges, on fait principalement de la formation, explique Tibo Kislig, entraîneur de l’ES Thaon. Une fois que les perchistes sont seniors, on n’a pas les structures pour les accueillir puisqu’ils sont, pour la plupart, en université. Il faut s’entraîner plus alors qu’ils ne peuvent pas le faire ici… C’est ça le problème ! »

Un avis que partage Mickaël Marie-Saint-Germain, son homologue romarimontain : « C’est le problème avec les petites villes comme nous. Généralement, les athlètes partent après le bac, et pour le suivi, c’est un peu plus délicat… Si les jeunes n’ont pas atteint un niveau vraiment élite au moment où ils partent, la motivation n’est aussi peut-être plus la même pour continuer. Et c’est compréhensible. »

Un manque d’infrastructures qui pénalise donc la pérennité de la perche dans les Vosges. Et s’il n’est pas question de bâtir des universités dans le département pour garder les champions en herbe, les clubs locaux tentent de trouver des solutions dans la limite de leurs moyens. « On essaye de mettre en plahttp://www.vosgesmatin.fr/fr/images/7D5650AC-6C0F-4B59-8680-7ED67A670317/VOM_15/mickael-marie-saint-geramin-(a-g-)-ici-avec-chloe-delassauce-pense-que-les-garcons-peuvent-egaleme.jpgce des suivis, surtout au niveau d’Athlé Vosges. Pas forcément que pour la perche, mais pour que l’ensemble des athlètes du club puissent avoir un suivi plus régulier au niveau de Nancy. Qu’ils ne reviennent pas le week-end en ayant rien fait de la semaine » explique Mickaël Marie-Saint-Germain.

UNE HÉGÉMONIE FÉMININE

Une situation d’autant plus regrettable pour la perche vosgienne au regard des flamboyantes performances des jeunes filles et de la présence d’entraîneurs de qualité. « Il y a dans les Vosges plusieurs techniciens qui interviennent et qui sont motivés par la perche » souligne Tibo Kislig. Donc forcément, ça crée une émulation et également un groupe ! Après, la jeune perche vosgienne est bien, oui, mais uniquement au niveau féminin… »

En effet, du côté des garçons, il faut descendre au 38 e et 50 e rang du bilan national espoir pour y trouver les premiers vosgiens, Simon Bardy (AVEC), et Jérôme Dulot (Co Haute-Moselotte). Idem chez les juniors, où Arthur Tisserand (AVEC) pointe actuellement au 60 e rang, et chez les cadets, où l’on retrouve le Thaonnais Samuel Biegalke avec le 46 e bilan.

« C’est plus délicat pour les garçons, déjà parce qu’on en a proportionnellement très peu par rapport aux filles – Il y a environ 80 % de filles contre 20 % de garçons – et les garçons sont aussi, bien souvent, moins centrés sur une seule discipline. Ils sont moins focalisés sur la perche. Et puis, je ne sais pas d’où ça vient, mais la plupart des garçons que j’ai ont souvent, malgré un très bon potentiel physique, des petits problèmes plus techniques pas faciles à régler. Et si on ne se positionne pas bien sur la perche, ça ne peut pas aller » soupire Mickaël Marie-Saint-Germain. « C’est vrai qu’avec mes collègues des autres clubs vosgiens, on a tous ce problème des garçons. Pourtant le vivier est là. Mais après, les faire venir à l’athlé et à la perche… C’est une autre histoire ! Peut-être aussi parce que justement, il y a déjà beaucoup de filles à la perche, et des filles d’un très bon niveau. Et la perche, ce n’est pas comme à la course où le garçon vient et court plus vite que les filles. Là, il faut un minimum de technique pour commencer à monter, c’est moins facile et ça doit peut-être en décourager certains… »

Et quand une perle rare pointe le bout de son nez en terre vosgienne dans les rangs de la perche masculine, l’inéluctable expatriation scolaire vient alors freiner sa progression. « J’entraîne Arthur Tisserand. C’est un junior qui a un record à 4 m, et qui a montré qu’il pouvait passer une barre plus haute assez rapidement ! Mais c’est pareil, maintenant, il est à Troyes pendant l’année scolaire pour ses études, donc c’est difficile de le suivre… Là, il est revenu faire un stage dans le coin donc il revient plus régulièrement à l’entraînement, et il commence à refaire de bons sauts ! Donc j’espère aussi que ça va se montrer dans ses prochaines compétitions » insiste son coach Mikaël Marie-Saint-Germain.

 

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Bien que les jeunes perchistes vosgiennes aient placé la barre assez haute par le biais de probants résultats, force est de constater que leurs homologues masculins semblent avoir le potentiel pour sortir eux aussi de l’ombre. Ne manque qu’un déclic… et peut-être que les filles leur tendent la perche !

Y.F.

Rédigé par http://www.vosgesmatin.fr

Publié dans #Actu compets

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